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vendredi 5 novembre 2010

L'énergie, un droit social ou une commodité?


Le soleil était présent à Ankara, même si ce n'est pas pour lui que nous sommes restés quelques jours de plus. D'ailleurs on vous l'offre généreusement dans cette photo, alors que l'hiver s'installe chez vous. Non, nous avons rendez-vous avec Serdal Bahce à l'Université d'Ankara. Professeur au département de sciences sociales, il a réalisé sa thése sur la libéralisation et la régulation du marché de l'électricité. Les choix énergétiques sont, nous l'observons de plus en plus, conditionnés aussi par l'environnement social. Le double regard du Professeur Bahce nous éclaire sur la politique énergétique.
Que faut-il choisir? Des sources d'énergies ponctuelles comme le nucléaire, les grosses centrales thermiques permettant d'alimenter d'un coup des grandes parties du pays... où se pencher vers le locale, plus vers des sources renouvelables, plus cher, mais pas toujours, plus proche des activités à alimenter. De quoi a besoin le pays?

Prof. Serdal Bahce, Université d'Ankara

Doit-on penser l'énergie comme un droit social ou comme une commodité? En d'autres termes, le pays doit-il assurer à chacun de ses citoyens un approvisionnement en énergie de base, ou l'énergie doit-elle être considérée comme un investissement que l'on fait quand on en a les moyens? Serdal Bahce croit au droit social. L'état devrait assurer à chacun des citoyens une alimentation en énergie de base parce que l'énergie est nécessaire à chacune des activités humaines.

Un niveau de vie élevé ne correspond pas forcément à une forte consommation d'énergie. Aucune activité ne peut être pérennisé si une alimentaion en énergie de base n'est pas assurée.
De plus, les sources d'énergies locales sont pour lui un bon moyen de fournir cet approvisionnement de base. Produire proche du consommateur c'est prévenir les gachis et une relation plus efficace entre producteur et consommateur.

Pour aller plus loin, on peut se poser la question, comment se fait-il que nous payons le même prix l'électricité vraiment nécessaire et l'électricité qui sert à chauffer une piscine? S'il existait une différence, on se rendrait vite compte où est notre alimentation de base et on verrait mieux où peuvent être faites les économies.

Thé et repas autour d'une table familiale, sur la route d'Izmir.

En parlant de sociétés et d'énergie, il est maintenant temps de reprendre la route et de partir à la rencntre de la société Turque. Nous tendons le pouce en partant d'Ankara pour nous rendre à Izmir, sur la côte ouest. C'est avec un certain plaisir que nous regoutons à notre moyen de transport préféré. Nous ne serons pas déçu, beaucoup de belles rencontres sur la route. Jeudi soir nous sommes déjà à destination. Nous sommes logé chez Uwe, ingénieur d'origine allemande. Le lendemain il nous fera visité l'usine d'éoliennes qu'il a contribué à mettre sur pied. Uwe monte les projets d'implantations des fermes éoliennes. Il a implanté 1% du parc éolien en Allemagne! Ce n'est pas rien! Il connait bien la situation en Turquie, un point de vue qu'il a été intéressant de recueillir.

Nous avons abordés beaucoup de sujets. Il nous racontait comment dans les années 90 il devait se battre pour pouvoir installer une éolienne et que mainteant les projets pleuvent. Ici en Turquie il décrit la manière dont les gens l'acceuil par cette phrase:

"Ils nous disent: mais où étiez vous ces dix dernières années?"

La Turquie a le second potentiel éolien en Europe après le Royaume Uni. Mais Uwe reste conscient que l'éolien n'est pas la solution miracle mais que c'est un acteur du mix énergétique (une source parmis d'autres qu'il faut mettre en place pour réussir la transition énergétique). Pourquoi ne fait-on pas plus d'effort pour sortir du pétrole?

"Le pétrole est un produit trop précieux pour le brûler"

Avec le pétrole on peut faire des médicaments, du plastique recyclable et quoi d'autre dans l'avenir?

Trêve de démonstration. Vous voulez voir à quoi ressemble une usine d'éoliennes?

Tôle de 6 centimètres d'épaisseur. Elle sera arrondie par de puissantes machines. A la base du pilier porteur les tôles sont les plus épaisses, en haut, les plus fines.

En fait ici on fabrique les "poteaux" (ou tours) qui maintiennent à 100 mètres de haut la génératrice et les pâles de 49 mètres de long. Une tour pèse plus de 220 tonnes et une pâle plus de 7 tonnes... Des dimensions hallucinantes. Une éoliennes coûte environ 1 millions d'euro pour une capacité d'un MégaWatt (donc environ 2,5 millions pour 2,5MW). Ces éoliennes font 2,5 MWatts. Avec un revenu de l'ordre de 800 000 à 1millions d'euro par an, on peut raisonnablement dire que l'installation est amortie entre 3 ans et demi et quatre ans (d'autres coûts s'ajoutent). C'est donc une installation plutôt rentable.

Les ouvriers assemblent les premiers tronçons de ces tubes de 100 mètres de long supportant générateurs et pâles.

Ce fabricant s'est lancé dans la construction d'éoliennes il y a deux ans seulement. L'entreprise s'est reconvertie, avant elle oeuvrait dans la construction. Elle ouvre déjà une nouvelle usine pour lui permettre de fournir 100 tours d'éolienne par an (il faut 5 à 6 semaines pour en fabriquer une). D'une capacité de 2,5 MW chacune, c'est donc un potentiel de 250 MW par an, soit si le vent soufflait toute l'année l'équivalent de la moitié de la centrale à charbon toute neuve que nous avons visité en Bulgarie.


Les vagabonds se dressent fièrement au bout de cette pâle de 39 mètres de long. On peut apercevoir les deux cercles métaliques destiné à réceptionner les éclairs lors des orages, ceux-ci sont reliés à la terre.

Avez vous déjà vu l'intérieur d'une pâle d'éolienne? Une exclusivité vagabonde:

Composé de fibre de verre, la structure rectangulaire reçoit toute la charge le reste ne fait que quelques centimètres d'épaisseur.

L'usine a de beau jour devant elle. Comme nous vous le disions la Turquie a le second potentiel Européen pour l'énergie éolienne. Mais elle possède aussi le second potentiel pour l'énergie solaire après l'espagne. Et si elle a la première place au niveau du potentiel en énergie renouvelable c'est aussi parce qu'elle possède la seconde place au niveau de l'énergie géothermique.

Savez vous à quoi ressemble une centrale géothermique? Non? Nous non plus. Mais dès lundi nous allons remédier à cette facheuse lacune. Affaire à suivre...

mardi 13 juillet 2010

l´ile qui produit sa propre énergie

Nous avons passé ces trois derniers jours sur une île magnifique au Danemark. Nous vous proposons de découvrir cette terre viking ainsi que ses succulentes fraises, son système de chaleur de l'île, ses parcs éoliens et « to finish » une interview avec le prix Nobel de l'Environnement Soren Hermansen.
Malgré ses quelques touristes, l'île de Samsø a quelques atouts à faire valoir. L'île est autonome en énergie et neutre en émission de CO2. Entendez par là qu'elle produit sur l'année plus d'énergie qu'elle n'en consomme et cela en grande partie avec des sources renouvelables, 70% pour la chaleur, 100% pour l'électricité. L'île produit même plus d'électricité qu'elle n'en consomme, de quoi compenser l'équivalent en énergie des transport et des ferrys qui la relient au continent. Les transports restent traditionnels, c'est-à-dire fossiles. Enfin il y avait là matière à enquêter sur la situation énergétique de l'île. Avec son électricité à 100% de provenance éolienne, l'île peut-elle être considéré comme autonome et neutre en carbone puisqu'elle doit être relier au réseau nationale en raison de l'intermittence de la ressource? Qu'elle sont les nouveaux projets sur le chemin d'une énergie vraiment propre?
Pour toutes ces raison nous avons visiter les centre de production d'énergie de l'île et rencontré Soren Hermansen dans son Académie de l'Énergie (Energiakademi) situé sur l'île et qui a reçu le prix Nobel de l'Environnement pour ses travaux ainsi que de nombreuses autres distinctions. Mais avant de tout vous dire, nous allons d'abord planter le décor.

We spend tree days on the beautiful island of Samsø. Beautiful and interesting. Actually the island produce its own energy, almost all by renewable energy... That's look pretty impressing, we wanted to have a look on it and ask few questions: the windmills are they enough to deliver electricity for all the year? What are the next project for the island? Can we develop this concept anywhere else?

Nous vous avions quitter alors que nous sortions des laboratoires de l'université Aalborg au Nord du Pays. Nous avons rejoins la côte Est pour prendre le bâteau à Hov (ville qui ne se prononce d'ailleurs pas du tout comme ça en Danois).

Arrivé sur place une heure et demi avant le départ de notre ferry. Nous avons du durement patienter les pied dans l'eau. Pas facile.

Nous sommes en route vers notre nouvelle curiosité énergétique. L'île de Samsø compte 4000 habitant l'hiver, et 10000 l'été. La situation géographique particulière que constitue une île doit y être pour beaucoup dans les efforts que font les habitants pour préserver leur environnement. Le Danemark est un pays qui a beaucoup misé sur les parcs éoliens offshore. 25% de l'électricité vient du vent au Danemark. Les habitants de Samsø ont su profiter de ces deux caractéristiques. L'île est très propre et à ce que nous avons pu en juger pendant nos quelques jours de présence, les habitants ont à cœur de préserver ce cadre.


Notre première visite à été le centre de production de chaleur, utilisé pour le chauffage des villes avoisinantes. Cette centrale utilise à la fois le solaire et la biomasse. Ainsi selon la saison on utilise plus l'un ou plus l'autre.

Our first visit have been the heat system which produce the heat for the neighborhood. This heatplant use solar and biomass to be efficient during all the season.


Puis nous avons été au sud de l'île pour voir de la côte le parc offshore éolien, c'est le projet le plus couteux qui a été mené sur l'île. Ambitieux projet de 10 éoliennes pour une capacité totale de 23MW.

We have been to the south of the island to see from the shore the offshore windmills, bigger than the conventional one, which have a totale capacity of 23MW.


Lundi nous avons rencontré Soren Hermansen pour lui posé quelques questions. Habitué à recevoir les médias il nous expliqua posément que le but n'était pas de se couper du continent en étant autonome. D'autant plus qu'ils vendent au réseau l'électricité produite en excès et que les peu de jours (1 ou 2 selon lui) par an où l'île ne produit pas assez d'énergie elle en importe. S. Hermansen nous explique aussi le rôle de « l'Akademi » est de monter des projets en dialoguant à la fois avec les riverains et les investisseurs (qui ne sont pas que des grandes sociétés mais aussi des particuliers). L'agence conseille aussi les particuliers pour optimiser l'isolation de leurs maisons. S. Hermansen nous parle aussi des différents projets encore à mettre en œuvre: collecter les matières organiques pour en extraire le méthane et ainsi fournir du carburant pour les ferrys. Mais aussi développer les transports électriques afin d'utiliser uniquement des ressources renouvelables.

Monday we met Soren Hermansen, director of the Energy Akademy of Samsø. He had the Environment Nobel Price for his work on the island. He explain us how the island can be CO2 neutral and produce energy for all the island. Actually the even produce more energy than they need so they sell it to the mainland. Fews days per year they need to import electricity but most of the time they are self efficient. The Akademy help the people who like to change their house insulation. S. Hermansen want, for the next year, to develop electric car and a system to collect the methane from the organic waste which could be use in the ferrys.

L'île est un bon moyen de développer des énergies propres pour un territoire délimité, mais pour autant ce genre d'initiative peu fonctionner à l'échelle d'une commune, d'une ville, d'une région s'il y a une volonté commune d'agir et de réfléchir ensemble à la meilleure solution énergétique. Là encore il semble que travailler au niveau local facilite le dynamisme et l'implication d'un plus grand nombre.

l´EnergiAkademi

As you have seen it is the first, but not the last, post in english. We met more and more people on the way who like to follow our project and who obviously dont speak french.

On commence a ecrire en anglais pour partager notre voyage avec le plus grand nombre, notamment ceux que l´on rencontre sur la route. Si certains amis de la langue de Shakespeare veulent améliorer le contenu manifestez vous.

jeudi 24 juin 2010

Sous la mer, les polders

Déjà en Allemagne nous avions été surpris par les infrastructures réservées aux vélos et aux transports légers. Une grande place est faite aux voitures, la plupart des axes sont des autoroutes ou des voies rapides. Mais il y a le plus souvent une piste pour ceux qui se déplacent à vélo. C'est presque un réseau parallèle au réseau routier, pas simplement des pistes pour vélo qui longent les routes. Ici, aux Pays-Bas, c'est pareil sauf que les infrastructures pour voiture semblent tenir une place plus faible qu'en Allemagne. Et, ce n'est pas une découverte, les pistes vélos sont parfois ici plus fréquentées que les routes. Ce qui est intéressant c'est de noter que ce n'est pas uniquement une préoccupation écologique mais bien une pratique intimement liée à la culture du pays. L'argument du plat pays semble un peu facile pour expliquer à lui seul le rôle de ce moyen de transport non agressif dans la société.

Voici l'image que nous pouvons retenir des Pays-Bas en cette saison.


Voici le moulin de Wouw, petite commune du Zeeland, région du Nord-Ouest des Pays-Bas. Le moulin, un autre symbole de la Hollande est l'ancêtre de nos éoliennes. Il nous rappelle que les solutions de demain sont parfois bien présentes mais presque oubliées. Nous nous sommes souvenus des moulins pour penser les éoliennes. Qu'avons nous encore à apprendre du passé? Et de ce qui a été fait ailleurs?

Et bien oui, il y a un moment où il faut faire place net. Laver est une chose, sécher en est une autre. Je vous informe que les sacs sont plus lourd avec du linge encore humide dedans! Encore une de nos découvertes. On a encore passer une étape dans le coût énergétique de nos transports. Mardi nous avons marché 20km à travers la région de Zeeland près de Milddelburg. Cette région est vraiment très belle. C'est une destination conseillée par la petite équipe des Vagabonds de l'Énergie lors de vos prochaines vacances. (Vous pouvez voir plus de photos dans les albums à gauche sur la page d'accueil du blog)
Et cette longue marche pleine de découverte dans le but unique de vous faire découvrir ce barrage: Oosterschelledam.
Long d'une dizaine de kilomètres, c'est l'un des grands édifices qui protège les Pays-Bas des grandes marées et des tempêtes. Ce qui est intéressant ici, c'est que c'est l'un des rares barrages qui ne produit pas d'électricité. Il sert à protéger les populations mais surtout le National Park Oosterscheldle situé juste derrière. La protection de l'environnement est au Pays-Bas d'autant plus important que la flore participe à limiter le phénomène d'erosion. En effet figurez-vous que nous avons risqué notre vie pendant une petite semaine en nous balladant à quelques mètres en dessous du niveau de la mer! Ça c'est des aventuriers!

Mais une telle infrastructure pourrait produire de l'énergie. En France le barrage de la Rance produit de l'énergie avec la force des marées. Ce serait une manière bien locale de produire de l'énergie ici, aux Pays-Bas. Nous savons que d'autres études sont en cours pour produire de l'électricité à partir de mélange d'eau salée et d'eau douce (énergie osmotique), nous en reparlons en Norvège...
Nous avons posé la question à Rose Marie, elle travaille dans le secteur de l'Énergie pour le gouvernement Hollandais. Elle nous a pris en stop, improbable rencontre! Elle nous a expliqué qu'en effet ce n'était pas la priorité au moment de la construction. Mais qu'en effet c'était une piste à étudier.
Quoi qu'il en soit il sera intéressant de se rappeler de cette exemple lorsque nous visiterons les grands barrages hydrauliques de ce monde et les désastres écologiques qu'ils peuvent engendrés.
la plage bordants le barrage où nous nous sommes installés pour la nuit

Après une dure journée de marche, nous cherchions désespérément un endroit convenable où poser nos sacs. Imaginer une plage déserte, face à la mer du nord (à une température très correcte), un coucher de soleil magnifique et seulement nos quatre yeux pour en profiter. C'est pas terrible mais nous nous en contentons! Nous allons beaucoup regretter cet endroit...

Au réveil, c'est l'appel de l'Est! Nous repartons en Allemagne! De nombreuses visites nous attendent avant de partir pour le Danemark. Notre stratégie est de traverser les Pays-Bas en deux ou trois jour maximum. Ce sera en un seul jour.
Nous mettons dès les premières heures du jour les autorités locales à profit! Euh, en fait une camionnette de police nous propose de faire faire les trente premiers kilomètres après une longue attente. Ensuite une voiture nous emmène près de Rotterdam. Et puis tout va très vite. Rose Marie nous propulse à Arnhem et nous offre plus d'une heure de conversation très enrichissante. A Arnhem une autre voiture nous emmène après 5 de longues et difficiles minutes d'attente à Deventer. Puis le temps de prendre les sacs dans le coffre, de tendre le pouce, nous les déposions directement dans le coffre d'un écrivain pour enfant qui nous dépose dans le centre de Enschede. Nous sommes à 10km de la frontière avec l'Allemagne. Nous reposons nos muscles et notre dos dans une collocation d'étudiants, où Robin a séjourné pendant 3 mois il y a 3 ans, pour une journée. C'est l'occasion de voir l'équipe des Pays Bas jouer ce soir avec les habitants (12) de la colloc.

A bientôt